Liteya yantaku misato naminei - Trente-quatrième leçon


- Nous avons vu qu'en ajoutant des affixes à une racine (radical), on obtenait soit un nom, soit un verbe, soit un adjectif, etc ...
Maintenant, il nous faut savoir quels sont les affixes appropriés que nous allons ajouter à cette racine.

- Les affixes (ou particules qu'on ajoute) sont des préfixes, des infixes et des suffixes. Ces derniers se divisent encore en extensions et en désinences ou finales.


1. Les préfixes.

En plus des préfixes verbaux (na-, o-, a-, to, bo-, ba-), nous avons en liNgala 15 préfixes de classe attestant une opposition de singulier-pluriel.

Classe :


 1,   2     mo-      ba-     moboti     parent      baboti     parents
 1a,  2              ba-       tata     père        batata     pères
 3,   4     mo-      mi-     mosapi     doigt       misapi     doigts
 5,   6     li-      ma-     litama     joue        matama     joues
 7,   8     e-       bi-     eloko      chose       biloko     choses
 9,  10     N-       N-      ndako      maison      ndako      maisons
 9a, 10a                     kelasi     classe      kelasi     classes
11   10     lo-      N-      lobanga    menton      mbanga     mentons
11,   6     lo-      ma-     lobanzo    pensée      mabanzo    pensées
14,   6     bo-      ma-     bondoki    fusils      mandoki    fusils
14          bo-              boboto     tendresse
15          ko- (infinitif)             engendrer   kobota

La nasale N sera m devant p, b ; elle sera n devant t, k, g, s.


2. Les infixes.

- se placent entre le pv et le radical.
- trois sortes :
a) l'infixe formatif -ko- porte un ton toujours bas ; avec la tonalité du pv et celle de la finale, il marque le temps.
nakosukola (na-ko-sukol-a) : je me lave
nakosukola : je me laverai
b) l'infixe réfléchi -mi- est le même pour toutes les classes et pour toutes les personnes ; sa tonalité est toujours haute.
namiboma (na-mi-bom-a) : que je me tue !
c) l'infixe objet est le préfixe pronominal (pp) pour toutes les classes. Il exprime le complément d'objet direct ; sa tonalité est toujours haute, sauf pour la classe 1, ainsi que pour la 1ère et la 2ème personne.
(mwana) tata amolingaki : le père l'aimait


3. Le radical (R).

Le radical en liNgala peut être réduit à un radical monosyllabique. Différents types sont possibles :
(C : consonne simple ou complexe ; V : voyalle ; S : semi-consonne).

a) type CVC ou SVC : les radicaux de ce type portent un ton simple fixe, soit bas, soit haut (un radical redoublé perd le ton haut sur la 1ère syllabe). Le ton simple du radical est constant dans toutes les formes verbales pour un même radical.


              bas                             hauts

      -kit-        descendre           -kim-         fuir
      -lel-        pleurer             -bot-         engendrer
      -mel-        boire               -mon-         voir
      -pon-        choisir             -kond-        maigrir
                                       -yok-         entendre, sentir

b) type CV : les radicaux de ce type portent un ton simple qui est haut. Leur voyelle est généralement a. Devant le i du passé récent, cette voyelle devient e.


      -ya-         venir               -wa-          mourir

4. Les extensions.
Voir 36ème leçon.

5. La désinence.

- se compose formellement d'un seul élément vocalique qui se place à la fin de la forme verbale, soit directement après le radical, soit après l'extension.
- est indispensable et est toujours présente dans toutes les formes verbales (sauf avec le verbe "kozala")
- sa tonalité est simple (haut ou bas) et elle diffère avec les formes verbales.
- elle est sujette à l'harmonie vocalique, surtout dans les formes verbales infinitives.


             ko-ling-a           aimer             -ling-
             ko-lel-a            pleurer           -lel-
             ko-mel-e            boire             -mel-
             ko-lal-a            dormir            -lal-
             ko-mon-o            voir              -mon-
             ko-lob-a            parler            -lob-
             ko-tun-a            demander          -tun-

Il y a plusieurs sortes de désinences :
- la désinence -a non précédée d'un pv désigne l'impératif ; elle est sujette à l'harmonie vocalique.


        ko-luk-ka          chercher         luk-a        cherche !
        ko-sek-e           rire             sek-e        ris !
        ko-pon-o           choisir          pon-o        choisis !

- la désinence -a précédée du pv ko- désigne l'infinitif ; elle est sujette à l'harmonie vocalique.
- la désinence -a précédée d'un pv à ton haut (pvH) désigne le potentiel (subjonctif) ; elle est sujette à l'harmonie vocalique.
- la désinence -i non précédée de la préfinale -Vk- désigne le passé récent ; précédée de la préfinale -Vk-, elle désigne le passé historique ; la préfinale -Vk- est sujette à l'harmonie vocalique.


          na-mel-i                    je viens de boire (j'ai bu)
          na-mel-ek-i                 j'avais bu (j'ai bu)

Souvent on n'applique pas la règle de l'harmonie vocalique et on emploie indifféremment la voyelle -a partout où il aurait fallu une voyelle harmonique avec la voyelle du radical.





Vers leçon 35

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