Liteya yantuku minei nalibwa - Quarante-neuvième leçon
Soki okomi penepene nabiso, okobanda kolobaka nayomoko.
Nantango ngai nakotuna yo boye :
- Semeki, ozali kokende wapi nambango boye ? Yo okonganga namongongo makasi :
"Nakei koyebisa mama te tata aboti bana misato." Ngai nakowela yo mpe bato bakokata likambo.
Bayokani bongo, Mboloko azongi namotema boboto namboka naye. Ntango ekomi nangonga zomi namibale bampaka basambisi mpe bayei kofanda nase yanzete monene, nakati yamboka.
Mabota mibale ezalaki wana : oyo yaNkoi na oyo yaMboloko.
Bamikolo balingi bakata likambo boye, bamoni Esende azali koleka, akoyemba mpe akolobaka nayemoko :
- Esengo kani ! familiya nabiso ekomi nabana misato yasika, mpe mama nabango nde tata !
Mboloko atelemi nakati yabato mpe abengi Esende, atuni ye :
- Moninga nangai, okei wapi nantango boye, mpe okolobaka nini yomoko ?
- Nazali kokima mbango, Esende ayanoli, koyebisa mama te tata aboti bana misato.
Esende alobi bongo, bato yoso bakweyi namabele, bakamwi !
- Bomoni, Mboloko alandi, bozalaki kokamata ngai lokola moyibi, kasi babali mingi babotaka, lokola lelo tata yaEsende.
Bato yoso bafandi nye, eloko yakoloba ezalaki lisusu te. Mpe basambisi bazalaki kolobana bango nabango te :
- Tozali koluka nini lisusu, makambo esi ekatani yango-moko. Lokola tata yaEsende aboti bana lelo, ezali kaka solo te : bana bangulu yaMboloko bazali mpe bana bangulu naye yamobali.
Bato yoso balongwi na kokamwa, mpo bayokaki makambo bayoka naino te, uta babota bango.
Uta mokolo wana, Mboloko na Nkoi bakutanaka mpe balinganaka lisusu te, tee lelo oyo.
Traduction (Leçons 48 et 49)
Un jour, de très grand matin, la Gazelle (Mboloko) vint chez le Léopard (Nkoi), son oncle ; elle lui dit :
- Mon oncle, rester comme cela sans travail est une grande paresse ; il vaut mieux que nous partions nous promener/voyager à travers tous les marché pour acheter des porcs/cochons. Et quand ils mettront bas nous deviendrons de grands personnages dans notre village.
Lianes à la main, gibecières au dos, tous les deux se mirent en route. Quand ils arrivèrent au marché, tout était là. Chacun acheta comme son coeur le voulait/Ils achetèrent chacun selon son choix. Le léopard acheta une truie/cochon femelle, la gazelle acheta un verrat/cochon mâle.
Deux mois plus tard, la truie du léopard mit bas huit jeunes porcelets, parce qu'elle était féconde lors de son achat par le léopard.
La gazelle avait l'habitude de venir les admirer tous les jours que Dieu a fait, chez son oncle le léopard.
- Si moi aussi je pouvais en avoir beaucoup comme ceux-ci !
Un jour, cette pensée lui devint une hallucination, elle vola et commença à voler un porcelet chaque jour.
Se trouvant les mains vides, le léopard alla voir chez sa nièce la gazelle.
- Mboloko, où as-tu trouvé tous ces porcelets ? demanda le léopard.
- Mais, mon oncle, répondit la gazelle, tu ne saurais pas encore ce qui est arrivé au sujet de mon verrat ?
- Ton verrat, rétorqua le léopard, qu'a-t-il fait ?
- Mais c'est lui qui a mis bas tous ces porcelets.
- Un mâle qui met bas, ça ne se peut pas du tout. Tu es un menteur, ce sont mes porcelets, hurla le léopard.
- Les miens, rétorqua la gazelle.
Une longue discussion s'en suivit.
Le léopard appela tous les hommes du village pour juger cette histoire : "Demain, demain, venez tous, la gazelle nous expliquera comment/par quel sortikège/par quel moyen enfin, son verrat a mis bas."
La gazelle se trouva à court de malice. Elle alla, la nuit, chercher son ami/cousin l'Ecureil pour qu'il l'aide.
- Mon cousin, Ecureil, aide-moi.
Elle lui raconta toute l'histoire, elle dit :
- J'ai volé huit porcelets chez l'oncle léopard, et je lui ai menti que : "un mâle peut mettre bas.".
Et pour que je sois sauvée, nous agirons comme ceci : on viendra nous juger demain, moi et mon oncle le Léopard : ainsi donc toi, en ce moment-là, tu traverseras tout le village, en courant un peu, et en te parlant tout seul à toi-même. Alors quand je te demanderai : - Où vas-tu comme cela en courant, mon cousin ?
Tu crieras à haute voix :
- Je vais avertir ma mère que mon père vient de mettre bas trois jumeaux.
Moi, je te défendrai et les hommes jugeront l'affaire.
S'étant entendus ainsi, la gazelle rentra tranquillement chez elle. Quand il fut 12h, les vieux juges vinrent aussi s'asseoir sous le grand arbre au milieu du village.
Il y avait deux familles : celle du Léopard et celle de la Gazelle.
Quand les vieux voulurent juger l'affaire, ils virent l'écureil passer en vitesse en chantant et en parlant tout seul :
- Quelle joie ! notre famille a maintenant trois nouveaux enfants en plus, et leur maman c'est notre papa !
La Gazelle se leva au milieu de la foule, appela l'Ecureil et lui demanda :
- Mon cousin, où vas-tu sous ce soleil, que dis-tu ?
- Je m'en vais, dit l'Ecureil, avertir vite maman que papa vient de mettre bas trois jumeaux.
Quand l'Ecureil eut parlé, toute le monde tomba évanoui.
- Vous voyez, poursuivit la Gazelle, vous me preniez poue une voleuse; alors que beaucoup de mâles mettent bas, comme aujourd'hui le père de l'Ecureil.
Tout le monde resta silencieux ; il n'y avait rien à dire ; et les juges se disaient entre eux :
- Que cherchons-nous encore, l'affaire est tranchée d'elle-même. Comme le père Ecureil a mis bas, il est clair que les porcelets de la Gazelle sont ceux de son verrat.
Les gens quittèrent la séance tous étonnés, car ils venaient des choses inédites depuis leur naissance.
Depuis ce jour, la Gazelle et son oncle le Léopard ne se sentent plus (de près).
On nous juge souvent sans preuves valables.
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